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Le « fingerpicking » en guitare blues
La plupart des guitaristes « rock » se servent du médiator pour jouer à la fois la guitare rythmique et « lead ». C’est que lorsqu’on joue avec un plectre, le son produit est beaucoup plus fort, net et précis – soit exactement le son que l’on recherche dans un band de « rock ». Aussi, les guitaristes jouant avec le « pick » peuvent jouer très rapidement, en utilisant l’« alternate picking » et le « sweeping » – en autant qu’ils ne jouent qu’une note à la fois, donc pas de « double-stops »!
L’utilisation du médiator permet aussi de jouer aisément des accords en « strumming » et, surtout, sans s’abimer les ongles… Mais parce qu’en utilisant le médiator vous n’avez aucun contact direct avec la corde, vous perdez un peu de « contrôle » et de « feeling ». Jouer avec les doigts permet d’obtenir une sonorité particulière, écoutez par exemple Albert King ou le son génial de la Strat de Mark Knopfler sur « Sultan’s of Swing ».
Qu’est-ce que le « fingerpicking »? Et le « fingerstyle »?
Le « fingerstyle » est une technique impliquant simplement que le guitariste joue les cordes de son instrument sans utiliser de médiator (dont les « picks » normaux, les « thumb picks » et les « finger picks ») – il ne joue de la guitare qu’avec ses doigts. On peut jouer en « fingerstyle » sur tous les types de guitare, que ce soit électrique ou acoustique, avec des cordes de nylon ou de métal. Il n’y a que les guitaristes classiques et flamencos qui n’utilisent que leurs doigts pour jouer. La plupart des premiers guitaristes blues de la région du Delta jouaient également de cette manière.
Le « fingerpicking » s’avère plus « spécifique ». Il implique que vous employiez certains « picking patterns » en particulier, qui proviennent d’accords et joués dans un style rappelant l’arpège. Bien souvent, le pouce joue une sorte de partie rythmique, comme une « walking bass », alors que les doigts jouent des « patterns » qui se répètent. Le style est couramment utilisé en guitare « folk » (p. ex. : Paul Simon) ainsi qu’en blues, en « country », en « ragtime » et même en musique « pop » et « rock ». Pour mieux illustrer les choses : la guitare acoustique entendue dans la pièce « Presence of the Lord » d’Eric Clapton est en « fingerpicking », tandis que le jeu acoustique sur « Layla » est en « fingerstyle », mais pas en « fingerpicking ». Mais puisque la plupart des guitaristes qui jouent en « fingerpicking » sont également des « fingerstylers » (certains utilisent des « finger picks »!), il est parfois difficile (ou insensé) de faire une distinction entre les deux.
Beaucoup de guitaristes acoustiques emploient la technique du « fingerstyle », cependant il n’y a que très peu de musiciens qui jouent de cette manière à la guitare électrique. Parmi les plus connus d’entre eux, on retrouve :
• Mark Knopfler
• Jeff Beck, qui a adopté la technique du « fingerstyle » après des années de jeu au médiator…
• Derek Trucks
• Duane Allman (lorsqu’il joue de la guitare « slide »)
• Ry Cooder
• Wes Montgomery, à la guitare jazz, utilisation du pouce seulement
• Chet Atkins
• Robie Krieger (des Doors)
• Lindsey Buckingham (de Fleetwood Mac)
Et maintenant les bluesmen! :
• Albert King – utilisation du pouce seulement, de façon intense et dure
• Albert Collins – il utilise le pouce et l’index et de l’index sur sa Telecaster
• Clarence Gatemouth Brown – pouce et index
• John Lee Hooker – pouce et index, parfois des accordages ouverts
• Lowell Fulson – pouce et index, il joue également avec des « finger picks » et des « thumb picks »
• Otis Rush
• Et parfois Eric Clapton (exemples : « Reconsider Baby », « Sinner’s Prayer ») et sur « One More Car, One More Rider » (sur plusieurs chansons!)
Il y a plusieurs façons de jouer en « fingerstyle » en guitare blues. La plupart d’entre nous connaissent la manière « classique » de l’effectuer : utilisation du pouce pour les trois cordes des basses, et l’index, le majeur et l’annulaire pour jouer la mélodie. C’est également la façon de jouer le « fingerpicking » en blues – les lignes de « bass » sont jouées avec le pouce, et les « picking patterns » ou les « licks » courts avec les doigts. Aux débuts du blues (à l’époque de Robert Johnson, de Big Bill Broozy, etc.), la technique dite classique était la plus répandue chez les bluesmen, et les médiators n’étaient pas utilisés. Certains guitaristes blues ont même conservé la technique après être passés à la guitare électrique (comme Lightnin’ Hopkins)! Quelques-uns d’entre eux ont développé de nouveaux styles de jeu en guitare « lead » nécessitant l’utilisation des doigts, et d’autres ont lentement adopté les « finger picks » (dont Freddie King)
À la guitare électrique (cordes de métal), on ne joue pas seulement avec les ongles (ils se briseraient après quelques minutes de jeu), on joue plutôt avec le bout des doigts. Note : Vos ongles ne devraient pas être trop longs, au début!
Jouer en « fingerstyle » à la guitare électrique sera difficile, au début, si jusqu’à maintenant vous avez joué uniquement avec un « pick ». Vous aurez par exemple tendance à frôler d’autres cordes que celle que vous voulez jouer…
Plusieurs styles de jeu peuvent être adoptés pour faire de la guitare « fingerstyle », en voici 3 :
• Utilisation du pouce seulement : pour jouer comme Albert King, vous utilisez votre pouce au lieu du médiator et jouez surtout en allers. Vous créerez un son très « sale » et « hard », de cette manière. Bonne attaque, bon son, mais une vitesse restreinte. Débutez par employer cette technique pour développer une bonne sensation (« feeling ») des cordes.
• Utilisation du pouce et de l’index : jouez comme si vous aviez un « pick » en main, mais utilisez le pouce pour les allers et l’index pour les retours. Au début, le défi sera pour vous d’obtenir le même son en jouant avec l’index qu’en jouant avec le pouce. Le plus grand avantage de cette technique, quand on la compare au jeu au médiator, est un « feeling » amélioré des cordes; vous pouvez aussi jouez deux cordes en même temps, et plus vite qu’avec l’utilisation unique du pouce.
• Utilisation du pouce, de l’index et du majeur : la technique est pareille à celle du style de jeu précédent, mais vous utiliserez aussi l’index et le majeur pour effectuer de l’« alternate picking » très rapide. Et maintenant vous pourrez jouer de vrais « power chords » – jouer 3 cordes en même temps. Note : davantage de doigts peuvent être employés, mais il deviendrait plus difficile de les contrôler.
Essayez tout ça! Mais ne jouez pas trop longtemps, au début, car vos doigts devront s’habituer à ce nouveau style de jeu…
5 commentaires à “Le « fingerpicking » en guitare blues”
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J’ai tendance à dire:
- Fingerpicking pour le style fondateur, basse alternée, pickings patterns, traits et solo en alternance pouce index
et
- Fingerstyle pour des choses plus modernes, libérées de la basse alternée
Dans les styles fondateurs, pas mal de monde joue pouce, index, majeur (comme les joueurs de banjo et les guitaristes classiques d’ailleurs qui n’ont ajouté l’annulaire que tardivement (jugé doigt faible à cause de sa liaison physiologique dans le dos de la main)).
Merci de démêler le « fingerpicking » et le « fingerstyle ».
En blues d’aujourd’hui, on remarquera que de plus en plus de guitariste n’utilisent plus le pick. Chacun développe son propre style. Les plus vieux sont plus conservateurs et jouent encore avec un pick, mais les plus jeunes ont tendance à revenir au sources et plusieurs d’entre eux ne jouent jamais avec un pick… selon ce que je remarque.
merci pour ce partage,
perso j’ ai commencé à joué au doigts et je trouve ça vraiment complémentaire au médiator, c’ est une approche différente
Beau démélage. En effet avoir plusieurs technique à son arc est super. pas facile de devenir bon dans toutes, mais être très bon dans une est avoir des notions dans les autres permet vraiment de s’adapter à des contextes et élargir nos horizons. Je joue au médiator, c’est ma technique préférée, mais je suis content de pouvoir me servir de mes doigts correctement pour mélanger faire des phrases plus hybrides. Cet article est bien recherché! Bravo
Salut,
Personnellement, étant plus classique, je joue beaucoup avec les doigts. Et c’est vrai qu’on peut y mettre beaucoup plus de nuance.
Merci pour cet article bien complet.
Fabrice